Variole du singe

 

Vous avez des questions sur la variole du singe ?
Appelez la ligne d'information de la Région de Bruxelles-Capitale au 02/214.19.29.

Ces derniers mois, plusieurs cas d’infections à la variole du singe, également appelé Monkeypox, ont été signalés chez nous, en Belgique, et dans différents pays à travers le monde.  Il s’agit d’un phénomène inhabituel et rare. Mais la variole du singe qu'est-ce que c'est ? 

De quoi parle-t-on?

La variole du singe est une maladie découverte en 1958 chez le singe et premier cas humain en 1970. 

C'est une maladie causée par une infection par le virus de la variole du singe.

Même si elle porte le nom de "Monkeypox", l'origine de la maladie reste inconnue. Cependant, les animaux (principalement les rongeurs et les primates) peuvent être porteurs du virus et infecter les humains.

Quels sont les symptômes ?

La variole du singe peut se propager dès le début des symptômes.

Les symptômes principaux sont :

  • des boutons ou vésicules apparaissant sur la peau et qui évoluent en croûtes
  • de la fièvre
  • un gonflement des ganglions lymphatiques,
  • de la fatigue,
  • des douleurs musculaires
  • des maux de tête
  • des douleurs anales (si la zone est atteinte)  
  • d'autres symptômes plus rares

Les symptômes peuvent apparaître après une période d’incubation pouvant aller de 5 à 21 jours (le plus souvent 6 à 13 jours). Une personne malade est contagieuse depuis environ 2 jours avant l'apparition des symptômes et jusqu’à la cicatrisation des lésions.

Quels sont les risques pour la santé?

La variole du singe guérit en général spontanément et les symptômes durent de 2 à 4 semaines. Certains cas peuvent être plus graves notamment chez les personnes plus vulnérables (femmes enceintes, personnes immunodéprimées, personnes âgées, enfants, …).

Comment attrape-t-on la variole du singe ?

La transmission d'une personne à une autre peut se produire lors :

  • D'un contact prolongé à des sécrétions respiratoires (postillons et micro gouttelettes projetés dans l’air)
  • D'un contact étroit et direct via les lésions cutanées (plaies, croûtes), les fluides corporels (sang, salive, sperme), ou les muqueuses (bouche, anus, orifices naturels produisant du mucus)
  • D'un contact avec des objets ou du linge contaminés.

Le mode de transmission le plus notifié actuellement est lié aux rapports sexuels.

Comment diminuer le risque d'être infecté ?

  1. Éviter tout contact avec une personne malade et les objets qu'elle utilise ;
  2. Se laver et se désinfecter les mains régulièrement.

Rmq : des rapports sexuels avec de multiples partenaires augmentent les risques de contagion.

Que faire en cas de symptômes ?

D'abord, il faut prendre contact avec votre médecin qui déterminera si un test est nécessaire.

Si vous n'avez pas de médecin traitant, appelez le 1710.

En attendant le résultat du test, pour protéger les autres, il faut éviter les contacts physiques et rester chez soi.

Que faire en cas d'infection avérée ?

Si l'infection est confirmée, il faut rester chez soi jusqu'à guérison des lésions et la chute des croûtes. Cette phase dure en général trois semaines et parfois jusqu'à quatre semaines.

Si vous avez une éruption cutanée active ou d'autres symptômes, restez dans une pièce ou un endroit séparé, loin des personnes ou des animaux avec lesquels vous vivez, si possible.

  • Évitez tout contact avec d'autres personnes et particulièrement les femmes enceintes, personnes âgées, enfants et personnes immunodéprimées.
  • En raison d'incertitudes scientifiques sur la persistance du virus dans le corps, il est recommandé d'utiliser des préservatifs pendant 12 semaines après la disparition complète des lésions cutanées.
  • Lavez-vous fréquemment les mains, surtout après avoir touché des lésions cutanées ou des matériaux, des vêtements, de la literie ou des surfaces environnementales qui ont pu être en contact avec les lésions.
  • Séchez vos mains avec des lingettes jetables ou une serviette propre.
  • Contactez votre médecin pour avoir un certificat médical. Si vous n'avez pas de médecin traitant, appelez le 1710.

Quels sont les contacts dits à risque ?

Une distinction est faite entre les contacts à très haut risque et les contacts à haut risque.

Un contact à très haut risque est :

  • un partenaire sexuel ;
  • une personne ayant eu un contact prolongé peau à peau alors que le patient présentait une éruption cutanée.
  • le personnel soignant qui a été en contact avec un patient dans un contexte particulièrement à risque (par exemple liquide corporel en contact avec les yeux, le nez ou la bouche ou accidents par piqûre d’aiguille) sans équipement de protection individuelle approprié. L’évaluation sera faite de façon individuelle conjointement par le médecin traitant et les autorités sanitaires régionales.

Un contact à haut risque est :

  • une personne vivant dans le même foyer ou dans un environnement équivalent ;
  • Une personne qui a partagé des vêtements, de la literie, des ustensiles de cuisine, etc., pendant que le patient avait une éruption ;
  • les personnes qui s'occupent d'une personne malade pendant que celle-ci présente des symptômes ;
  • le personnel soignant qui a été en contact avec le cas sans équipement de protection individuelle approprié ;
  • le personnel de laboratoire qui a été exposé sans équipement de protection individuelle à un accident de travail impliquant un échantillon contenant le virus ;
  • Co-passager à un/deux sièges d'un cas symptomatique, en avion, bus ou train avec une durée de voyage ≥ 3 heures.

Que faire en cas de contact ?

Pour tous les contacts à haut risque et très haut risque : 

  •  Autosurveillance des symptômes (fièvre, maux de tête, éruption ou autres lésions cutanées...) pendant une période de 21 jours après le dernier contact avec la personne infectée. Si vous ne pouvez éviter les contacts avec la personne infectée, la période commence dès le diagnostic et jusqu'à 21 jours après la guérison totale de la personne infectée. En cas de symptômes, il faut contacter votre médecin, vous faire tester et rester à la maison en attendant le résultat du test.
  • Les contacts étroits doivent être évités pendant 21 jours, en particulier avec les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Les contacts sexuels doivent être strictement évités.
  • Le contact avec les animaux (en particulier les rongeurs comme les écureuils, les souris, les rats, les hamsters, les cochons d'Inde, etc.) doit être évité.
  •  Vous ne pouvez pas effectuer de dons de sang, d'organes ou de moelle osseuse pendant au moins 21 jours à compter du dernier jour d'exposition.
  • De plus, une vaccination post-exposition est possible dans certaines conditions. Voir rubrique ci-dessous. 

Mesures supplémentaires pour les contacts à très haut risque

  • En plus des mesures ci-dessus, il est conseillé aux contacts à très haut risque de porter un masque chirurgical pour tous les contacts avec d'autres personnes. Si la personne entre en contact avec de jeunes enfants (par exemple dans une crèche), des femmes enceintes ou des personnes souffrant de troubles immunitaires, le contact à très haut risque doit rester en quarantaine pendant 21 jours.

Que faire pour les animaux domestiques ?

Lorsqu’une personne est infectée par le virus de la variole du singe, les mesures de précaution envers les animaux domestiques consistent à :

  • éviter au maximum les contacts entre l’animal et la personne infectée. Si possible faire garder son animal par une autre personne le temps de l’isolement ;
  • avant chaque contact avec son animal, se laver les mains, puis porter des gants et un masque à usage unique.

Quels traitements disponibles ?

Pour le moment, il n'y a pas de traitement spécifique contre la variole du singe disponible en Belgique. Les traitements disponibles sont principalement contre les symptômes (douleurs, fièvre). Comme dit précédemment, il faut surtout rester chez soi jusqu'à guérison des lésions et la chute des croûtes. En cas de fortes douleurs ou de malaise, contactez votre médecin traitant.

Où se faire tester ?

La plupart des hôpitaux bruxellois sont actuellement en mesure d'effectuer des tests pour la variole du singe. Vous pouvez contacter l'hôpital qui vous indiquera où se présenter. Les médecins généralistes peuvent également procéder au test s'ils possèdent les équipements nécessaires. Pour plus d'information, contactez votre médecin traitant. Si vous n'avez pas de médecin traitant, appelez le 1710.

Qu'en est-il de la vaccination ?

Il n'y a actuellement pas de vaccin spécifiquement ciblé contre la variole du singe dans l'UE/EEE. Néanmoins, une vaccination contre la variole confère une protection croisée contre la variole du singe. 

La vaccination est possible dans deux cas différents. Pour chacun de ces deux cas, certaines conditions doivent être remplies pour pouvoir bénéficier du vaccin.

  • Premier cas : Vaccination après avoir été en contact avec le virus
  1. tous les contacts à très haut risque dans les 4 jours suivant l'exposition au virus pour empêcher l'infection ;
  2. les contacts à très haut risque qui par ailleurs sont à risque d'infection grave (immunodéprimés, femmes enceintes), jusqu'à 14 jours après l'exposition, pour réduire la sévérité d’une éventuelle infection ;
  3. les contacts à haut risque qui par ailleurs sont à risque d'infection grave (immunodéprimés, femmes enceintes), de préférence dans les 4 jours suivant l'exposition, jusqu'à un maximum de 14 jours.
  • Deuxième cas : Vaccination préventive (avant d'avoir été en contact avec le virus)
  1. tous les hommes ayant des rapports sexuels avec plus d'un homme
  2. les femmes qui reçoivent une thérapie PREP ayant des contacts sexuels alternés fréquents;
  3. les travailleurs du sexe masculins et transsexuels ;
  4. les personnes souffrant de graves troubles immunitaires et présentant un risque élevé d'infection grave ;
  5. le personnel de laboratoire manipulant des cultures de virus

La décision de proposer la vaccination sera prise sur base d'une évaluation individuelle par le médecin vaccinateur suivant les critères ci-dessus.

Les modalités de la vaccination évoluent continuellement, tenez-vous toujours informé via notre site web ou via nos réseaux sociaux.

Où peut-on se faire vacciner ?

À Bruxelles, la vaccination est disponible actuellement au CHU Saint-Pierre, UZ brussel, Cliniques universitaires Saint-Luc et Erasme. Pour rappel, la vaccination n'est possible que dans certains cas précis (voir ci-dessus). Prochainement, un centre de vaccination devrait ouvrir ses portes à Pachéco. 

 À quoi ressemblent les lésions cutanées ?

Exemple et évolution de lésions cutanées :

variole_du_singe_-_exemples_de_lesions_cutanees.png

Source : UK Health Security Agency

Liens utiles

Sciensano - Variole du singe (informations pour les professionnels de la santé et les patients, recommandations pour la prise d'échantillons, formulaire pour les demandes d'analyse, etc.).

Communiqués de presse

19/08/22 - Une ligne d'information pour répondre à toutes les questions sur la variole du singe à partir du 22/8