Dossier 2008/1 : Les indicateurs de santé périnatale en région de Bruxelles-Capitale 1998-2004

Résumé: 
Date de publication : 
01/01/2007
Auteurs : 
Haelterman E., De Spiegelaere M., Masuy-Stroobant G.
Editeur: 

Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale,  Commission Communautaire Commune, 2007.

Ce dossier présente les résultats de l'analyse des bulletins statistiques de naissances et de décès des enfants de moins d'un an, remplis par les professionnels de santé et les services d'état civil. Les données reprises dans ce dossier concernent uniquement les naissances et décès d'enfants dont la mère réside en région bruxelloise.

On observe une augmentation continue du nombre de naissances bruxelloises au cours des vingt dernières années. Le taux de natalité en région bruxelloise est nettement supérieur à celui du reste du pays. Au cours des dernières années, plus de 6 % des naissances bruxelloises n'étaient pas enregistrées dans le Registre national. Le nombre réel de petits Bruxellois est donc plus élevé que ne le suggèrent les chiffres officiels, avec une forte concentration dans les quartiers défavorisés du centre de la capitale.

La mortalité infantile

Au cours des 25 dernières années, la mortalité foeto-infantile a décru de manière continue, et ce dans toutes ses composantes (mortinatalité, mortalité néonatale précoce et postnéonatale), à l'exception de la mortalité néonatale tardive qui est restée stable. Actuellement, environ un enfant sur 100 décède en période foeto-infantile. La mortinatalité représente un peu plus de la moitié du total de ces décès. Par rapport aux données européennes, la mortalité néonatale est relativement faible mais la mortalité infantile, quant à elle, est relativement élevée en région bruxelloise. Les anomalies congénitales sont la première cause de mortalité infantile. Le nombre de décès liés à la mort subite du nourrisson a fortement décru et représente actuellement la 4e cause de mortalité infantile. La prématurité a augmenté de 30 % en 25 ans mais tente à se stabiliser ces dernières années. On observe la même évolution pour la fréquence d'enfants de petit poids de naissance. L'augmentation importante du nombre de grossesses multiples explique en grande partie ces évolutions. La proportion de jumeaux a presque doublé en 25 ans suite au recours de plus en plus fréquent aux techniques de procréation médicalement assistée, en partie lié à l'augmentation de l'âge des mères. Près de la moitié des enfants nés de grossesse multiples sont prématurés, 55 % pèsent moins de 2,500 kg. En 2004, 17 % des naissances bruxelloises ont eu lieu par césarienne et le taux d'induction du travail (26 %) est parmi les plus élevés d'Europe.

Facteurs de risque

La proportion de mères de 35 ans et plus a presque triplé en 25 ans, tandis que la proportion de mères de moins de 20 ans a fortement décru. En 2004, 19 % des mères ont 35 ans ou plus et 3 % des mères ont moins de 20 ans. Au-delà de 35 ans, le risque de prématurité, de mortalité périnatale et d'intervention obstétricale augmente. En 2004, près de 3 enfants sur 10 naissent dans un ménage sans revenu du travail et 15 % dans une famille monoparentale. Pour un nouveau-né dans une famille sans revenu du travail, le risque de décéder en période postnéonatale est trois fois plus élevé que dans une famille avec deux revenus. Pour la période périnatale ce risque est deux fois plus élevé. Cette surmortalité s'observe pour toutes les causes de décès. Près de la moitié des nouveau-nés bruxellois ont une maman non belge. Les mères de nationalité turque sont souvent plus jeunes et les mères de nationalité marocaine plus âgées que les Belges. Il existe des inégalités liées à la nationalité de la mère face à la santé périnatale. La prévalence de la prématurité est particulièrement élevée pour les bébés de mères d'Afrique Sub-saharienne. Ces enfants courent également plus de risque de décéder en période périnatale et infantile, en particulier suite à la prématurité. Les enfants de mère marocaine ou turque présentent des taux de mortalité périnatale significativement supérieurs aux Belges, malgré une prévalence plus faible de prématurité et de petit poids de naissance. Une partie de cet excès de mortalité est liée aux malformations congénitales.

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